Redraw

Après une petite interruption à base de petit voyage et de petit souci de santé (rien de grave, hein.)  Me revoilà avec du travail à écluser. Tout d’abord, une commande à honorer, ensuite, mon dessin d’Halloween à faire, qui, pour plus de commodité, collera au Character Design Challenge de ce mois-ci. Tout cela avec l’Inktober qui s’achève et les dessins d’après le Seigneur des Anneaux qui vont reprendre. Les cinq jours qui viennent, Week-end inclus, vont être studieux.

Mais parlons de cette commande que je dois honorer et qui s’avère être particulière.

Voici Athéna.

Athéna Je ne peux pas la vendre pour plusieurs raisons. La première est que je n’ai aucune idée de comment la chiffrer : j’ai tâtonné pour la créer et n’ai aucune idée du temps que j’ai mis pour la faire. En outre, ça fait un petit moment qu’elle est dans mes cartons et j’ai eu le temps de m’attacher.

Surtout, Athéna est un dessin clef dans l’Histoire de mon boulot. Pas seulement parce qu’elle est, à ce jour, un des plus populaires, mais parce qu’elle est aussi, sur le plan artistique, représentative d’un certain parti pris.

Il faut le savoir, le dessin est un peu mésestimé en France où l’on vénère les très picturaux impressionnistes. Les fusains, sanguines, mine de plombs ou autres ne sont souvent vus que comme des travaux préparatoires, ce qu’ils sont parfois, et non comme des œuvres à part entière, ce qu’ils sont pourtant aussi. A moins qu’ils ne soient effectués au pinceau et à l’encre, et encore. Pourtant, les études à la peinture existent, ce qui prouve bien que le caractère « achevé » et « complet » d’une œuvre n’est pas en rapport avec le médium utilisé. Malgré tout, « un petit dessin » ce n’est rien. J’estime, moi, que c’est beaucoup.

J’ai mis longtemps à admettre que j’étais fondamentalement une dessinatrice. La peinture, la couleur, je ne l’aborde que comme corollaire du dessin. Je pense lignes, traits, hachures bien plus que coloris, fondu, aplat. Et Athéna est représentative de ça. Quand je regarde les gens dans la rue (en tâchant de rester discrète, histoire de ne pas provoquer de malentendus), même si j’admets une sensibilité aux teintes et aux textures, ce qui m’intéresse le plus c’est leur « structure ». Comment rendre ça avec un stylo à bille ?

Ah le stylo à bille…

Je pourrais aussi expliquer qu’Athéna est ma divinité préférée toute mythologies confondues depuis le collège. Qu’on touche aussi aux fondements de ma formation intellectuelle qui a été la culture classique, bien avant le monde de la fantasy et du fantastique. Je pourrais aussi parler de ma fascination pour la calligraphie (à laquelle j’essaye vainement de me mettre), de mes complexes vis-à-vis de mon écriture et du fait que l’usage d’outils qui y sont ordinairement dédiés n’est certainement pas un hasard.

Mais je n’ai pas l’intention, en écrivant ce billet, de commencer une auto analyse. Redessiner Athéna, c’est me repencher sur tout ce qui fait que j’aime le dessin, tout ce qui me donne envie de continuer, malgré les soucis que ça représente. Autant dire que je place peut-être un peu trop d’enjeu dans ce « redraw »

Bon, allez, au boulot.