Oui parce que j’ai besoin de récréation et que je la vois partout, j’ai eu envie de faire la mienne :
Daenerys
Bon, j’ai la flemme, je vous dirais plus de truc dans la suite de ce post.
Bizatouss !
Vous deviez vous demander ce que je fichais en ce moment à écrire sans arrêt et à ne pas dessiner.
Pourtant si. Comme j’ai un truc en vue (je sais, je dis ça depuis six mois, mais disons qu’il y a eu quelques contretemps…), je passe pas mal de temps à « m’exercer ». Je dessine donc beaucoup, mais je ne peux encore rien montrer.
Je prends cependant le temps de quelques dessin « récréation, et c’est le cas du dernier défi FB/Fanart. Le personnage élu, en grande partie par le hasard, car en vérité aucun ne se détachaient, c’est un héro de mon enfance, Ulysse 31
Donc voilà. Ce n’est jamais que la deuxième tentative. J’avais le choix entre me plier le plus possible au trait de l’anime d’origine ou essayer de créer quelque chose d’autre en conservant ma propre manière. j’ai choisi la deuxième option.
S’approprier sans trahir, l’éternel souci…
Cela dit, je fais aussi des dessins sans contraintes, genre cette petite danseuse orientale dont je ferai probablement quelque chose un de ces jours…
A coté de cela, je prépare toujours les ELFIC et doit faire face à un contretemps fâcheux : ma plastifieuse est probablement décédée, entrainant dans son décès 5 malheureux marques-pages et retardant la fabrication des autres…
Sachant qu’il yen a une bonne centaine à faire, c’est un tout petit peu agaçant.
Mais bon, j’ai encore du temps
Bizatouss !
Attention, cet article entre dans la catégorie « article sérieux lu par 5 personnes maxi » ^^
Je suis sûre que vous vous êtes déjà heurté, en discutant des mérites d’un film, livre ou n’importe quel autre « produit culturel* », à l’argument « Des goûts et des couleurs, on ne saurait discuter ». Un bon gros poncif qui a pour effet de fermer la conversation et d’effacer son contenu, même pertinent.
C’est vrai que les goûts ne sont pas discutables. Ce d’autant plus qu’ils sont divers et qu’il n’est de genre qui n’ait son chef d’œuvre. Et puis le travail artistique s’épanouit mal au milieu de dogmes. Il fut un temps ou les différents genres artistiques étaient très hiérarchisés. En peinture, par exemple, rien ne surpassait la « peinture d’Histoire », laquelle traitait autant des grands événements historiques proprement dit que des légendes antiques. Le plus méjugé était la nature morte.
De nos jours, je dirais que c’est l’inverse. Hormis l’illustration de SFFF, qui lui doit beaucoup, il n’y a plus guère de peinture d’Histoire (Elle est globalement méprisée par les instances culturelles. Car si a hiérarchie des genres n’existe plus officiellement, officieusement, c’est une autre histoire…). Alors que la nature morte peut s’enorgueillir d’avoir contribué à faire émerger l’esthétique moderne et contemporaine.
Tout ceci devrait nous inciter à la plus grande prudence. D’autant plus que les premières critiques « moderne » ne sont pas exemptes de défauts. Denis Diderot. S’il eut le nez assez fin pour repérer quelques peintres qui deviendront indiscutablement des artistes MAJEURS de cette fin de dix huitième siècle, en étrilla d’autres qui ne déméritaient pourtant pas. Cela dit, il reconnaissait sans mal ce qu’il considère comme la limite au jugement rationnel des œuvres d’art :
«La seule partialité dont je ne me sois pas garanti, parce que franchement je ne sais pas comment on s’en garantirait, c’est celle qu’on a tout naturellement pour certains sujets, ou pour certains faire. » (Salon de 1763)
Le rococo très assumé de Boucher n’était en effet pas vraiment « le truc » du philosophe, porté qu’il était par la conviction que l’art se doit d’être édifiant, et il ne l’épargna guère. Il vouait par contre une véritable passion à Greuze, précurseur de ce qui allait devenir le très austère néoclassicisme. Greuze précède David comme Diderot précède la révolution française et ce n’est pas un hasard.
Plus tard, Zola butera sur le même écueil devant les tableaux de Gustave Moreau :
« Quelle valeur un tel art peut-il avoir de nos jours ? C’est une question à laquelle il n’est pas facile de répondre. J’y vois comme je l’ai dit une simple réaction contre le monde moderne. Le danger qu’y court la science est mince. On hausse les épaules et on passe outre voilà tout. »
(Salon 1876 )
Voilà le peintre habillé pour l’hiver.
Si deux esprits aussi brillants ont pu se laisser aller à de la partialité (relative, et très limitée) dans leurs critiques, le concept même en est il viable ? Pour ma part, j’ai tendance à penser qu’avoir conscience du problème est un premier pas vers sa solution.
On va d’abord mettre les choses au point : La critique n’est jamais un frein à la liberté d’expression puisqu’elle en fait partie. Celui qui l’exerce n’empêche pas un artiste de s’exprimer. Il réclame juste de pouvoir en faire autant. Il y a donc quelque chose de vaguement totalitaire dans cette idée, comme quoi la critique n’est pas légitime sur des œuvres ayant du succès. Qu’en gros, la réussite économique impose la déférence. L’argument du « Ouais ben fais en autant et on en reparle » est irrecevable. Cela sous entendrait que tout ce qui touche un large public est forcément de qualité suffisante. Je ne suis pas d’accord du tout. (cela dit je ne pense pas non plus qu’une œuvre confidentielles d’un artiste inconnu mort de misère soit forcément géniale du fait d’être confidentielle et de n’avoir rien rapporté à son auteur).
Ce n’est pas là un travers récent. Victor Hugo le pointait déjà :
« Soit dit en passant, c’est une chose assez hideuse que le succès. Sa fausse ressemblance avec le mérite trompe les hommes. »
(Les Misérables Tome 1 )
On a oublié la plupart de ceux qui étaient « mauvais » et avaient néanmoins du succès à l’époque. Nul doute qu’il yen avait pourtant aussi. On oublie même un certain nombre de bons. Mais avec le recul, on sait à peu près qui fut important à cette époque. Il en sera de même pour les artistes d’aujourd’hui. On ne peut pas savoir qui, dans les musiciens, peintres, cinéaste contemporains seront sacrés génies demain. Ca, ce n’est pas nous qui en décidons, c’est la postérité. On peut avoir quelques intuitions, mais rien n’est sûr car nous manquons du recul nécessaire, celui qui permet de brosser le « paysage esthétique » de notre époque.
Par contre, ce qu’on peut savoir à coup sur, c’est si quelqu’un fait du bon boulot. Et ça, ça n’a strictement rien à voir avec la notion de « goût ». C’est plus en rapport avec une autre notion qu’on escamote quand on n’y connait rien : la compétence.
Un film, une Bd, un roman, un tableau… ce sont des objets qui sont tributaires d’un savoir faire. Oui, même l’art contemporain qui préfère s’en détacher, mais qui en a juste inventée d’autres formes. On peut, en regardant un film, juger d’un scénario, d’une photo, d’un parti pris.
Si vous ne me croyez pas, demandez à n’importe quel amateur de blockbuster son critère pour un BON film d’action à sensation. Il vous dira « Prince de Naze», mouais les effets spéciaux sont pas tété, par contre Armaguedin déchire. » Sur quoi se base-t-il ? Et bien sur le fait qu’en tant qu’amateur d’effets spéciaux, il a acquit un « œil ». Il sait les juger.
Si je choisis l’exemple des blockbusters, ce n’est pas par hasard. illustratrice, les effets visuels sont ceux que je décrypte le mieux ( y compris dans l’esbroufe ^^ dont ils font preuve). Et aussi parce que, souvent, les genres qu’ils abordent sont des genres qui me plaisent. La SF, la fantasy, l’aventure, ça me botte. Ca me botte tellement que ces films me caressent clairement dans le sens du poil. Ils sont bien foutus, je l’admets. Ils ont à priori tout pour que je les aime.
Tout. Sauf un scénario.
Gabin disait que pour faire un film, il fallait une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire. Si on ne raconte que des variantes SF, fantasy ou action hero, de la même mythologie, ça perd une bonne partie de son intérêt ( Notez les remake que l’on fait ces derniers temps avec les héros vieillissant qui se découvrent, ou à qui on découvre, un fils ou une fille et qui « passent » ainsi le relai avec une symbolique aussi lourde qu’un cheese cake mal cuit… c’est le cas pour le dernier Indiana Jones, pour Die Hard…ca va bientôt être Star Wars 7 avec Hammill/Fisher/Ford qui reprendront du service avec leurs moutards et leurs déambulateurs) .
Le scénario dans un film, le texte dans une chanson, la composition dans une peinture sont, en quelques sortes l’ossature d’une œuvre. Ce qui lui permet de « tenir debout ». Ils servent à éviter les facilités et l’écueil cité plus haut. Ils sont l’histoire, censés soutenir un propos, un parti pris**. C’est pourquoi le critique examine avec attention ce « squelette », révélateur numéro 1 de ce que vaut un film.
Mais me direz vous, il a été démontré qu’ils peuvent être partiaux. Et le scénario est peut être justement plus délicat à critiquer que la qualité des effets spéciaux.
Pas vraiment en fait, parce que justement, c’est la part, de l’œuvre sur laquelle le goût intervient le moins. Aucun critique sérieux ne va dire « Je préfère tel film parce que j’adoooore les intrigues à tiroirs. » Non. Si le scénario est mal fichu, ça aura beau être une intrigue à tiroir, le critique dira ce qu’il en est, parce que le scénario est la part de l’œuvre qui doit être solide, ou, s’il y a des faiblesses, elles doivent être mineures. De même, j’ai beau adorer ce genre d’histoire, j’ai été très déçue par Brave. Et ce qui m’a déçu, clairement, c’est que ce DA qui ne manque pourtant pas d’âme aurait mérité un bien meilleur scénario.
Et paradoxalement, on peut détester quelque chose tout en admettant que c’est du grand art. Pire, on peut détester quelque chose en partie parce que c’est du grand art. J’en veux pour preuve mon expérience de lecture la plus pénible à ce jour, à savoir la Peste de Camus.
Camus est un auteur prodigieux, car ce livre est insoutenable, au point que je n’ai jamais relu une ligne de cet auteur depuis le lycée. Faut dire que la description crue des symptômes de la peste bubonique m’a quelque peu soulevé le cœur. Je sais pourtant que c’est un GRAND écrivain. Pas parce que l’on me l’a dit mais parce que je l’ai constaté. C’est peut être précisément parce que c’est un grand qu’il a réussi à me faire une impression durable, fut elle négative : c’est insoutenable parce qu’il voulait que ça le soit.
Alors, la critique… Vitale la critique ! Essentielle, la critique ! C’est elle qui protège, même imparfaitement, de prétentions artistiques qui ne sont pas si artistiques que ça. Dans un monde ou la critique disparaitrait, le mainstream deviendrait vite l’unique critère et les œuvres plus « confidentielles » seraient peut être condamnées à disparaitre.
Dans un monde sans critique, le succès deviendrait le mérite, et la culture agoniserait. C’est pourquoi je suis effarée de constater que la plus grande part des critiques n’en sont pas. Ceux qui veulent paraitre intello se contentent de taper sur les films grand public à coup de formules spirituelles sans prendre la peine de masquer la pauvreté de leurs arguments. Ils encensent par contre n’importe quelle bouse étiquetée « cinéma d’auteur ». Ceux qui sont vendus à la culture de masse se contentent de chanter les louanges des nombres d’entrée et des dollars rapportés, sans se préoccuper de si c’est « bon »
Et c’est comme ça qu’on arrive à une scission, entre un art « intello » qui s’attèle à être le plus hermétique possible pour faire le tri entre bon et mauvais spectateur*** et de vulgaires pompes à fric qui prennent le chaland pour un parfait abruti . Entre les deux, fort peu de choses à se mettre sous la dent.
Dans les deux cas, celui qui lit, qui regarde, qui écoute de la musique n’est plus ni moins que méprisé. C’est à ça que sert un bon critique : faire ravaler leur mépris aux prétentieux et aux businessmans
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* Ce que je peux HAÏR cette expression.
** Quand il y a un parti pris, mais quand il n’yen a pas, je crois qu’on peut mettre de coté la notion d’art et ne pas perdre son temps avec ce qui n’est qu’un produit.
*** Distinction qui cache mal son mépris de celui qui n’a pas tous « les codes » en main.
Ambition numéro Un de la quasi-totalité des petits dessineux de moins de 16 ans.
Je vais passer sur le fait qu’il est quasi impossible, en l’état actuel, de devenir pro du manga au Japon quand on n’est pas japonais, car ce sont là des choses qui peuvent changer (on ne sait jamais, « impossible » est un mot qui est régulièrement mis à mal par l’Histoire). Et puis il me parait pernicieux de bousiller les rêves de jeunesse par un excès de réalisme**. Non. Ce que je voudrais pointer, c’est autre chose.
Ce que les petits rêveurs oublient souvent, c’est qu’on parle avant tout de DESSIN. Donc, de même qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, il faut devenir dessinateur AVANT que de se lancer dans la Bd nippone. Il ne suffit pas de copier plus ou moins adroitement le style d’Untel ou de Tel autre en négligeant les aspects les moins sexy du métier.
Pire : le coté très « graphique » de ce type de production la rend particulièrement exigeante. Elle ne supporte pas la médiocrité. Ce qui explique aussi sa mauvaise réputation, car l’Europe y ayant été fortement exposée durant ces trente dernières années, nous avons eu le meilleur, mais aussi et surtout le pire ( Merci le Club Dorothée avec ses doublages pourris de DA pas du tout destinés aux enfants…).
Car en vérité, quand on regarde bien, hormis un nombre réduit de spécificités, rien ne différencie essentiellement un mangaka d’un artiste plus classique. Les deux sont sommés de connaitre les proportions, l’anatomie, la perspective. Et les deux doivent affirmer un style particulier pour se faire remarquer dans la foule des productions. En effet, il est faux de dire que tous les mangas se ressemblent : les mangas bas de gamme, surement, de même que la bd franco belge a aussi eu ses productions oubliables (et oubliées, d’ailleurs). C’est par ignorance des codes que le regard européen ignore les différents styles. Donc il est pour le moins hasardeux de prétendre que Tezuka et Taniguchi se ressemblent. Et on peut parier qu’un japonais peu au fait de la BD franco belge pourrait faire la même erreur en confondant Franquin et Peyo.
Donc voilà, c’est bien gentil de vouloir être mangaka, mais si la seule chose que vous aimez dans le dessin, c’est le style manga, alors renoncez illico parce que vous allez devoir vous taper l’apprentissage du dessin académique. Oui, c’est obligé. Comme il est obligé d’être médecin avant de devenir chirurgien ou gynécologue.
Si vous y êtes prêt, tous mes vœux vous accompagnent ^^.
Bizatouss
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* Dessinateur de manga
**Le réalisme…L’idéal pour ne rien accomplir dans sa vie…
Une fois n’est pas coutume, ce post s’adresse à une part bien précise de la population. Ce que j’appelle les « Bébé-artistes ».
Tu es un ado, parfois étudiant et tu commences à « toucher » en dessin. Tu t’inquiètes un peu parce que, pour le moment, tu copies pas mal tes idoles mais tu n’as pas encore de style très défini. Tu apprécies souvent le manga, mais tu peines à te distinguer dans la foule des petits Chibimakers*. T’affoles pas, c’est normal. Ca viendra.
Par contre, tu commences à avoir un peu de bagage technique. Pas des masses, mais assez pour commencer à penser à vendre un peu. Histoire de joindre l’utile à l’agréable, à savoir se faire du blé en faisant un truc que tu aimes. Une ambition des plus respectables (c’est la mienne aussi ! ^^)
Je m’adresse à toi pour t’éviter quelques écueils par lesquels je suis passé
1/ Pas dans les brocantes !
S’il ya UN lieu ou il n’est PAS avantageux de dessiner, c’est là. Les gens y sont pour tirer les prix vers le bas. Autant te dire que le dessin amoureusement chiadé pendant un après midi risque de partir pour une poignée de piécettes, et que tu risque de ne pas rentabiliser la location de la place. Vois plutôt les petits festivals gratuits, ou même certains payants, en partageant les frais avec un autre dessineux. Si tu payes plus que 50 euros ta place, ça ne vaut pas le coup : plus tu payes cher, plus ce sera dur à rentabiliser.
2/ Apprends à ne pas te brader.
Vendre un dessin de deux heures à 5 euros est une connerie (Oui, à ce niveau, je suis grossière. Mais c’est que le fait lui-même est grossier). Je sais ce que tu vas me répondre car tu l’as déjà fait, via diverses bouches innocentes, avec la candeur de ceux qui, naïvement, croient que la condition d’artiste s’expie dans la douleur :
« Oui mais tu vois, je peux pas me permettre de vendre cher, personne va acheter… »
Mais qui te parle de vendre cher ? Ya un truc, Petit Bébé Artiste de mon cœur, qui existe en France et qui s’appelle le SMIC horaire. Il est de 9,43 euros. En France, il est illégal de rémunérer une personne moins.
« Mais mes dessins, en fait, ils sont trop nuls ! Je peux pas faire payer autant ! »
Je reconnais bien là l’estime de soi ras des pâquerettes du débutant. C’est là que c’est merveilleux : Le SMIC ne rémunère absolument pas la QUALITE. Il se contente d’être versé dès qu’il ya effectivement un travail. Si un peintre en bâtiment s’avère incompétent, il sera payé pareil que s’il est un génie de l’aplat acrylique. Son avenir au sein de l’entreprise sera peut être compromis, mais sa fiche de paie ne sera en rien amputée de son salaire, car c’est illégal et malhonnête. Ce que l’on rémunère avec le SMIC horaire, ce n’est que le temps passé à suer sur un travail.
Donc, arrondissons : Dessin fait en une heure = 10 euros minimum, même si c’est une daube. Après tout, c’est ça, le concept de « salaire minimum ». Tu n’obliges personne à l’acheter. Par contre, en dessous, tu laisses accréditer l’idée qu’on peut payer un artiste un peu comme on en a envie, parce que ça ne serait pas du « vrai travail » ce qui n’est pas du tout une bonne chose et pose tout un tas de souci plus tard quand on essaie de gagner sa vie avec…
3/ Perçois toi comme un pro et agis comme tel.
Quand tu postules pour un job d’été, tu te mets sur ton 31, tu fais ton CV et ta lettre de motiv ? Ben là, c’est pareil : faut un peu de sérieux.
Le terme de « semi-pro » est trompeur. Il ne désigne que ceux qui ne vivent pas de leur œuvre. Mais beaucoup pensent que « semi pro », ça veut dire qu’on peut se permettre d’être nonchalant avec ce qu’on fait. Mais non. Semi-pro, ce n’est pas « moitié de pro ».
Dès que tu décides de commercialiser ton travail, tu DOIS agir comme un pro.
A savoir que tu dois t’informer sur tes droits. S’il s’avère que tu gagnes bien, il est temps de penser à te déclarer (En théorie c’est dès le 1er euro gagné, mais bon, si tu gagnes 10 euros en un an, le fisc et la MDA ne vont pas te poursuivre pour ne pas t’être déclaré). Et jette un œil sur ce que dit la loi sur la propriété intellectuelle. Oui, ça s’applique aussi à toi : tu n’as pas le droit de plagier et personne n’a le droit de TE plagier.
Par ailleurs, varie tes honoraires en fonctions de ce qu’on te demande. Exemple, un chibi en convention. Dessiner en public, et dans un laps de temps restreint, sur commande avec une forte personnalisation, c’est plus difficile et crevant que de dessiner ce qui te chante dans le calme de ta chambre. Il est donc normal de faire payer cela.
Chibi fait en, mettons 20 minutes :
Base horaire : Environ 4 euros
+ 4 euros pour la rapidité et le bruit ambiant qui fatigue
+ 2 Euros pour personnaliser
= Chibi à 10 euros.
Si tu fais moins, tu es maso.
4/ Ne perds pas ton temps avec des gens qui ne le méritent pas.
Même si tu faisais un dessin à un euro, tu trouverais des gens pour exiger de l’avoir à 50 centimes, voire gratos. Tu vas de toute façon être face à une armée de pénibles. Ils te compareront à d’autres dessinateurs.
« Mais Untel est moins cher !
-Ben allez voir Untel alors. »
Certains, si tu refuses une ristourne, iront jusqu’a t’expliquer que ce que tu fais est très mauvais, que limite tu es un escroc, appuyant ainsi sur la corde sensible de ton égo. Mais rappellent toi qu’ils voulaient l’acheter avant de savoir le prix ! Leur soudain mépris n’est qu’une manipulation, une vengeance mesquine, voire une tentative de te soutirer la fameuse ristourne. Et sois sur que si tu cèdes, ils te paieront avec autant de morgue que s’ils te faisaient l’aumône.
Ne perds pas ton temps avec eux : tu n’es pas obligé d’accepter. Dis toi que le temps passé avec ce genre de personne, c’est du temps que tu ne consacres pas à d’autres plus aimables. C’est pas parce que tu débutes, que tu es jeune, que ta technique n’est pas totalement au point que tu dois t’aplatir parce que eux ont l’argent. Tu te dois de garder un minimum de fierté. Refuse le mépris.
5/ Remets régulièrement tout à plat.
Le temps passe, tu progresses. Peut être peux-tu te permettre d’augmenter tes tarifs ? N’hésite pas à tenter le coup et à revoir régulièrement les choses.
Allez, au boulot maintenant ! Et dans tout ça, n’oublie surtout pas :
Dessine. Eclate toi.
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*Dessinateur de chibi